Au moins 14 États souverains ne possèdent aucun cours d’eau permanent sur leur territoire. Ni fleuve, ni rivière, ni ruisseau qui coule toute l’année. On trouve parmi eux de vastes pays désertiques comme l’Arabie saoudite, mais aussi trois pays européens et une poignée d’archipels du Pacifique. Le tableau ci-dessous donne une vue d’ensemble avant d’entrer dans le détail.
| Région | Pays concernés |
|---|---|
| Asie / Moyen-Orient | Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, Maldives, Oman, Qatar, Yémen |
| Europe | Malte, Monaco, Vatican |
| Océanie | Kiribati, Îles Marshall, Nauru, Tonga, Tuvalu |
| Afrique / Amériques | Comores, Djibouti, Libye, Bahamas (selon les sources) |
🌍 L’essentiel à retenir
Le plus grand cas
L’Arabie saoudite est le plus vaste pays du monde sans aucun cours d’eau permanent.
Trois pays européens
Malte, Monaco et le Vatican n’ont aucun réseau hydrographique permanent sur leur territoire.
Des solutions concrètes
Dessalement, importation, nappes phréatiques : ces pays ont développé des alternatives solides.
Quels sont les pays sans cours d’eau dans le monde ?
La liste varie selon les sources, entre 14 et 20 pays, en fonction de la définition retenue et des territoires inclus. En se concentrant sur les États souverains reconnus par l’ONU et en appliquant un critère strict d’écoulement permanent toute l’année, on arrive à un noyau stable d’au moins 14 pays répartis sur quatre régions.
Asie et Moyen-Orient, la région la plus concernée
Huit pays d’Asie et du Moyen-Orient figurent dans cette liste, ce qui en fait la région la plus représentée. L’Arabie saoudite est le cas le plus emblématique : avec près de 2,15 millions de km², c’est le plus grand pays du monde à ne posséder aucune rivière permanente. Viennent ensuite le Qatar, le Koweït, Bahreïn et les Émirats arabes unis, tous situés dans la péninsule arabique. Les Maldives, Oman et le Yémen complètent ce groupe.
Ces pays partagent un point commun : un climat désertique ou semi-aride qui rend la formation de tout écoulement permanent quasiment impossible. Les précipitations y sont rares, souvent inférieures à 100 mm par an, et l’évaporation efface rapidement toute accumulation d’eau en surface.
L’Europe compte aussi trois pays dans cette liste
C’est sans doute l’information la moins intuitive. Trois États européens n’ont aucun réseau hydrographique permanent : Malte, Monaco et le Vatican. Leurs situations sont très différentes, mais chacun a ses raisons géographiques, géologiques ou liées à la taille du territoire.
La France, à titre de comparaison, dispose de 5 grands fleuves, 416 rivières et près de 620 000 km de réseau hydrographique total. Ce contraste illustre à quel point la présence d’un cours d’eau n’a rien d’universel, même en Europe.
Océanie et les autres régions selon les sources retenues
Cinq États insulaires d’Océanie complètent la liste : Kiribati, les Îles Marshall, Nauru, Tonga et Tuvalu. Ce sont tous des archipels ou des atolls de faible superficie et d’altitude très réduite, ce qui ne laisse aucune place à la formation d’un cours d’eau.
Selon les sources consultées, la Libye, Djibouti, les Comores et les Bahamas peuvent également être inclus dans cette liste. Leur présence ou absence dépend directement de la définition appliquée aux wadis et aux écoulements temporaires.
Qu’est-ce qu’un cours d’eau permanent exactement ?
Un cours d’eau permanent est un écoulement d’eau continu tout au long de l’année : rivière, fleuve ou ruisseau qui ne s’assèche jamais complètement. C’est ce critère qui sert de base à la classification des pays sans réseau hydrographique.
La confusion vient souvent des wadis, appelés oueds en Afrique du Nord. Ces lits de rivières asséchés peuvent se remplir brutalement lors d’épisodes pluvieux intenses, parfois quelques heures seulement, avant de se vider à nouveau. On en trouve en Arabie saoudite, en Oman, mais aussi à Malte. Ils ne répondent pas au critère d’écoulement permanent et ne sont donc pas comptabilisés.
C’est précisément cette nuance qui explique les divergences entre les chiffres : 14 pays selon Wikipedia, 19 à 20 selon d’autres sources. Certains intègrent des pays où les wadis sont fréquents mais où aucun écoulement permanent n’a été formellement documenté. D’autres appliquent un seuil plus strict.
Pourquoi ces pays n’ont-ils aucune rivière ?
Trois types de facteurs expliquent l’absence totale de cours d’eau permanent, et ils ne s’appliquent pas de la même façon selon les pays.
Pour les pays du Moyen-Orient et d’Afrique concernés, la cause est avant tout climatique. Les précipitations annuelles y sont trop faibles pour alimenter un écoulement continu. La chaleur accélère l’évaporation avant même que l’eau puisse s’accumuler en surface. Dans ces zones, la pluie tombe rarement, de façon intense et localisée, ce qui génère des crues éclairs dans les wadis sans jamais former de rivière stable.
Pour Malte, c’est la géologie qui prime. L’archipel repose sur un socle calcaire très perméable : l’eau de pluie s’infiltre directement dans le sol et rejoint les nappes souterraines avant d’avoir pu former le moindre ruisseau en surface. Le résultat est paradoxal, des réserves d’eau souterraines exploitables, mais aucun cours d’eau visible.
Pour le Vatican et Monaco, la question est simplement géographique et humaine. Avec 0,44 km² pour le Vatican et environ 2 km² pour Monaco, il n’existe pas d’espace naturel suffisant pour qu’un écoulement se forme. Ces territoires sont intégralement urbanisés, sans reliefs ni zones naturelles. Le Tibre longe Rome à quelques centaines de mètres du Vatican, mais il ne traverse pas son territoire. Monaco borde la Méditerranée, sans qu’aucune source ne permette la formation d’une rivière.
Comment ces pays s’approvisionnent-ils en eau ?
L’absence de cours d’eau n’empêche pas ces pays de fonctionner. Plusieurs stratégies coexistent, souvent combinées selon les ressources disponibles et les capacités économiques.
Le dessalement de l’eau de mer est la solution dominante dans les pays du Golfe et à Malte. L’Arabie saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis figurent parmi les plus grands producteurs mondiaux d’eau dessalée. Cette technique est efficace mais très énergivore.
L’importation d’eau concerne principalement les micro-États. Monaco s’approvisionne depuis la France, le Vatican depuis l’Italie. Les nappes phréatiques constituent une ressource complémentaire là où la géologie le permet, notamment à Malte et dans certaines régions d’Oman. La collecte des eaux de pluie reste pratiquée dans les pays insulaires d’Océanie, où les infrastructures lourdes sont difficiles à mettre en place.
À l’échelle mondiale, l’accès à l’eau reste un enjeu majeur : selon l’Unicef, 844 millions de personnes ne disposent pas d’un service de base en eau potable, soit près de 30 % de la population mondiale privée de systèmes d’assainissement fiables. Les pays sans réseau hydrographique naturel ne sont pas les seuls concernés, mais leur situation illustre à quel point la gestion de l’eau est une question géopolitique autant que géographique.


